Passion et Patience à l’AFMCM

Plus les motards vivent leur amour de la moto, plus ils veulent en connaître les dessous. Certaines autres fois c’est la confiance en des garagistes peu scrupuleux mais très onéreux qui s’égare. Mais oser déposer le carénage n’est pas permis à tous. Il est hasardeux de se jeter dans l’inconnu. Difficile de trouver un guide pour démystifier la mécanique. Après de longues recherches, nous avons découvert l’AFMCM, une association de formation à la mécanique moto. A sa tête, deux passionnés :  Jacques et Arnaud. Passionnés de mécanique, ils démonteraient tout même un moteur d’avion comme l’explique Arnaud. Et passionnés d’enseignement aussi. Depuis plus de 20 ans, ces 2 compères ont quitté les ateliers de concessionnaires puis les lycées professionnels où ils dispensaient leur savoir acquis pour fonder cet organisme de formation. Un hangar au coeur de la  campagne briarde abrite les différentes motos qui vont être montées et démontées plusieurs fois par une centaine de stagiaires par an. A eux deux, c’est plus de 60 ans d’expérience moto qui vont être distillés. D’abord lors de 2 formations longues qualifiantes qui préparent en 3 mois des stagiaires à passer des diplômes comme le CAP. Jacques est fier d’annoncer 100% de réussite chez ceux qui décident de valider l’expérience. Ensuite pendant des modules courts – de 1 à 5 jours – pour initier les particuliers à la mécanique.

Et c’est ainsi que l’on constate la patience de Jacques et Arnaud quand ils accompagnent les novices en mécanique. Ils prennent le temps d’expliquer, demande de refaire jusqu’à ce que le geste soit compris, ressenti. Ici, l’expression « Cent fois sur le métier remettre l’ouvrage » prend tout son sens.

A chaque stage, c’est l’occasion de rencontrer des gens aux profils différents mais qui se réunissent tous autour d’une passion commune : la moto. Ces stages ouvert à tous, de 17 à 77 ans, permettent à tout à chacun de faire tomber les barrières de l’inconnu, de démystifier ce qu’il y a sous le carénage et de prendre en main les clefs et le tournevis. Signe que les temps changent, depuis quelques années, des femmes rejoignent ces formations. Tous commencent par les stages « Entretien », pour surveiller l’état de sa moto et remplacer les consommables pour enchaîner sur le stage « Révision, » qui  effectuera en 2 jours ce qui se passe dans un atelier pro. Ensuite, au choix, les élèves pourront continuer pour en savoir plus l’électricité, le moteur ou la direction…

Attention, les places dans les stages courts ou longs sont limitées, et vite réservées. Inscrivez-vous de la part du Motomaton. Qui sait ? A votre retour, vous démonterez quelques éléments de votre moto et peut-être que comme moi, vous perdrez confiance en votre garagiste en trouvant sous la batterie un mégot de cigarette…

Si vous êtes intéressé, vous pouvez les rencontrer, tous les ans au Salon Moto Legende. C’est ce week-end. Foncez !

 

 

Rencontre avec le créateur de la Vanguard, François-Xavier Terny

Il y a quelques semaines nous vous présentions une nouvelle moto la Vanguard, tout droit sortie d’un entrepôt de Brooklyn. Cette moto a suscité notre curiosité, d’abord parce qu’elle est un peu française de part l’un de ses créateurs. Ensuite parce qu’au moment -ou presque- où l’on apprenait la naissance de cette nouvelle marque, on déplorait la mort du constructeur Victory. Enfin parce que dans le marasme actuel où de côté-ci de l’Atlantique la chasse à la moto est ouverte par les officines municipales, nous trouvions très courageux, pour ne pas dire « fou » de se lancer dans une telle aventure. Ne pouvant nous-même faire le déplacement jusqu’à New York City, nous avons profité d’un passage en France de François-Xavier Terny, le co-fondateur de Vanguard pour en savoir plus sur cette entreprise. A l’américaine, il a répondu à notre humble invitation avec le même enthousiasme que pour un rendez-vous avec une presse moto ou une télévision économique et nous l’en remercions.

François Xavier Terny arrive au rendez-vous dans un café du XVe à Paris en BMW K1200. C’est la moto qu’il avait avant de s’installer à NY et de créer la sienne. Il l’utilise pour sauter de rendez-vous en rendez-vous à chaque fois qu’il vient en France. Mais dès qu’il pourra, il roulera en Vanguard, même à Paris.

Quand on est Français comment on en arrive à créer une marque de moto aux États-Unis ?

FX : J’avais une boîte de consulting, spécialisée dans l’optimisation industrielle en France. Je l’ai vendu et c’est ma femme, américaine, qui m’a emmené à NY en 2009.

J’aimais déjà la moto mais ça ne suffit pas, il a fallu une rencontre. Une autre. J’ai fait la rencontre de Edward Jacobs, qui était designer chez Confederate (ndlr : constructeur de moto de luxe aux USA), une société dans laquelle j’avais un peu investi. Mais je me suis rendu compte que le marché de la moto de luxe est une sorte de chimère, ça n’existe pas vraiment. Tout le monde est en train de se battre mais il n’y pas de marché. Je n’avais pas fait un bon investissement financier mais j’avais fait une belle rencontre « technique » avec ce designer de talent un peu sous-exploité.

Les années ont passé et Ed, après avoir monté un cabinet de design, a voulu repartir dans la moto. Il est venu me voir en m’expliquant qu’entre ses compétences en matière de design et d’ingénierie et les miennes dans le business, la distribution, l’entreprenariat cela serait bien de faire une marque ensemble. Je lui ai vite répondu que j’avais déjà perdu beaucoup de temps et d’argent avec la moto… Il a insisté en me demandant ce qui ferait que ça marcherait. Et pour moi il y avait 2 critères essentiels :

D’abord il fallait apporter quelque chose de neuf, d’original sur le marché, en terme de technique et de visuel. Il ne fallait pas qu’on se dise « tiens encore une Ducat’, encore une Harley », vraiment quelque chose d’originale mais qui reste dans les limites de l’acceptation. Si c’est pour faire quelque chose de complètement fou, tout le monde dit « c’est vachement bien » mais personne ne veut l’approcher.

Et de l’autre côté il fallait que dès le départ, nous ayons une vision industrielle. Un produit industrialisable en terme de coût, de qualité, de fabrication et pas quelque chose d’artisanal qui ne pourrait être fabriqué qu’à l’unité par des ouvriers ultra-spécialisés.

Pour moi ça n’existait pas. Ed m’a proposé les premiers designs. Et moi de mon côté j’ai commencé à travailler dessus et à l’arrivée je me suis dit, il y a quelque chose.

On est en 2013… On trouve un local au Brooklyn Navy Yard, on le rénove. En 2014, ça a été tout l’aspect concept. 2015, ça a été tout le côté ingénierie. 2016 a été consacré à la fabrication du prototype. On l’a montré pour la première fois le 30 juin 2016 à nos « friends & family », puis à des investisseurs, jusqu’au moment où on a révélé la marque le 9 décembre au Motorcycle Show de NY. Et là on a pris une trentaine de pré-commande donc un très bon accueil. Mais la route est longue.

Il y a encore beaucoup de travail d’optimisation, d’amélioration et de fiabilisation. On a encore 18 mois de travail avant d’avoir quelque chose de calé pour de la production. On s’adresse à un segment premium mais c’est pas de l’artisanat. Les gens vont nous comparer à des Harleys, il faut qu’on soit au point pour fabriquer les 200 Roadsters dès la première année.

Ensuite on déclinera les modèles. On présentera les dessins du Cruiser cette année et le proto en 2018. Pour le Café-Racer, on montrera les dessins en 2018 et le proto en 2019.

Et ce qui est arrivé à Victory Motorcycle ne vous fait pas peur ? 

FX : Polaris (ndlr : propriétaire de Victory) a fait un choix rationnel. Ils possèdent aussi la marque Indian qui avait le vent dans le dos. Ils ont arrêté Victory qui étaient en difficulté depuis des années.  Pour Vanguard c’est plutôt bon signe car les gens qui voulaient acheter une Victory, ne voulaient pas une Harley justement mais plutôt une moto moderne, contemporaine qui reste américaine. Harley et Indian sont à fond sur le Vintage. Qu’est-ce qu’il leur reste maintenant ? C’est une chance pour nous. Ça veut dire qu’il y a toute une frange de la population américaine qui se retrouvait dans un produit américain moderne, contemporain et maintenant ils n’ont plus rien. Certains vont aller vers Indian ou Harley mais à mon avis pas beaucoup. Je pense que les grands gagnants de cette opération vont être des marques européennes comme BMW ou Ducati et j’espère que Vanguard saura tirer son épingle du jeu. Ils nous trouveront comme la nouvelle marque américaine contemporaine. Si tu veux quelque chose de moderne, un peu neuf mais quand même américain avec un gros V-Twin, avec les codes américains. Il n’y a plus que nous.

Niveau technologie, c’est quoi la différence ? 

FX : La Vanguard dans sa conception est très épurée. Il y a presque moitié moins de pièce que sur une moto classique. C’est aussi ça l’optimisation. Ed essaie de faire en sorte que chaque pièce ait une fonction technique mais aussi participe à une fonction esthétique. On ne voit pas de fils ou de durites ni l’échappement.

Côté moteur, il y a 2 grands fabricants qui ne sont pas estampillés d’une marque dans le monde. Rotax en Autriche qui appartient à Bombardier et S&S dans le Wisconsin qui travaille sur des moteurs de performance. Nous on a choisi l’américain forcément. Et on a développé notre moteur auto-portant à partir d’un moteur existant, le X-Wedge, qu’on a modifié et qui sert de cadre. 1900cm3, un gros volume typique des grosses cylindrées américaines. Enormément de couple mais pas forcément beaucoup de puissance, mais sur les 250 kg ça envoie. Elle pourra monter théoriquement jusqu’à 240km/h mais elle n’est pas faite pour ça. C’est une moto formidable à conduire entre 0 et 130km/h, c’est pas une moto de course.

FX : Mais quand tu la vois en vrai. L’impact visuel qu’elle a c’est juste du délire. Tu vois que ce n’est pas une moto habituelle.

On veut utiliser des technos existantes de manière « smart ». Quand tu es à moto tu as vraiment besoin de contrôler  ton environnement. On s’est dit que ce serait simple de mettre une caméra à l’arrière pour voir ce qui se passe, ça donne un angle de vue en plus des rétroviseurs. De toute manière la loi rend les rétroviseurs obligatoires,  1 aux Etats-Unis, 2 en Europe. Donc la Vanguard aura aussi des rétro en bout de guidon. Mais faire un « Dashboard » entièrement digital, ça nous parait être le sens de l’histoire. Tout le monde connait les tablettes. On met toutes les infos en digital. Ca fait un tableau de bord vachement sympa.

On fait pas un saut technologique quantique. C’est juste le progrès.

 

En France on connait les Midual et Avinton mais on n’en voit pas rouler. La Vanguard, elle est faite pour rouler ou pour décorer un salon ? 

FX : On est sur du premium mais ça reste correct en terme de prix. On est au niveau du haut de gamme de Harley.

La moto aux US, c’est très différent de la moto en Europe car c’est à 98% un loisir, c’est jamais un utilitaire. Il n’y a personne qui a besoin d’une moto contrairement à Paris. La moto est strictement « récréationnelle », c’est le truc qu’on sort quand on veut se faire plaisir. Certains vont rechercher la performance et aller sur circuit. D’autres vont rechercher le voyage au long cours et traverser les Etats-Unis dans de grosse Harley. Ou encore d’autres vont rechercher le « Lifestyle », une moto sympa pour faire quelques kilomètres, aller au bar ou faire une petite balade entre copains. Et nous on est plutôt dans ce segment là. Il y a beaucoup de club de moto, même sur la côte Est même si, en raison du temps, il y en a moins que sur la côte Ouest. La Vanguard on l’a verra beaucoup le week-end en banlieue de New York.

Vu de Paris, ça fait plaisir de voir qu’il y encore des gens qui croient en la moto, aux gros moteurs et au plaisir…

FX : C’est sûr que à NY on n’est pas embêté par la pollution comme on est en bord de mer, les vents poussent tout. Sur la conso, on va être à 9-10 l/100. Ce genre de moteur ça bouffe par construction. En plus comme il y a beaucoup de couple, on tire sans arrêt dessus tellement c’est agréable.

Mais c’est sûr que à échéance 20 ans, je pense que les moteurs à explosion seront une relique. Après  je suis le premier à penser que tous les mecs en scooter qui pullulent à Paris devraient être en scooter électrique. Et d’un autre côté il y aura toujours des V8 même s’ils sont déjà marginaux. L’enjeu ce n’est pas de supprimer les V12, c’est de passer toutes les bagnoles de fonction, les utilitaires, les taxis en électrique. Et on a de la chance, les voitures électriques, comme Tesla, restent très agréables à conduire.

Harley avec la Livewire, il leur faudra encore 5-7 ans pour que les premiers modèles soient viables

Le jour où tu as une moto électrique qui se recharge en 20 minutes, fait 200 bornes et coûtent moins de 15000€, là plus personne prendra une moto à explosion. La techno va progresser. C’est le sens de l’histoire.

Vanguard, ça veut dire « à l’avant-garde », c’est une plateforme ouverte où on va pouvoir travailler sur toutes les nouvelles idées de design et d’ingénierie liées à la moto. Nous ne sommes pas liés à une marque ancienne ni à un héritage. On est là pour donner des idées nouvelles, créer des choses nouvelles. S’il y a des opportunités dans l’électrique, on fera de l’électrique. Si quelque chose se développe dans l’hybride, on fera de l’hybride. Ça peut être pas mal l’hybride. On est toujours à l’affût des nouvelles tendances.

 

Vanguard est en plein développement et vous lirez sur le Motomaton toutes les avancées. Et si vous vous intéressez à cette entreprise, sachez qu’il est possible de participer à l’aventure.

Chacun peu acheter des parts de la société à partir de 104$. On ne sait jamais peut-être que Vanguard aura le même succès que Apple en son temps ou Tesla maintenant et fera de vous des millionnaires…

Mais si vous n’êtes pas très porté sur l’investissement financier et que l’aventure vous séduit, Vanguard recherche aussi un builder/rider. Un mec de custom, un préparateur qui sait fabriquer les motos et qui saura trouvé tous les faiblesses du prototype et apporter les solutions pour l’optimiser.

Et enfin, si vous êtes juste de passage à New York, Vanguard recherche aussi des « Test Riders » d’un jour. Inscrivez-vous pour gagner la possibilité de faire un petit galop d’essai sur cette moto de demain.

 

Voeux 2017 et bilan 2016

L’équipe du Motomaton est heureuse de vous offrir ses meilleurs voeux pour l’année 2017.

2016 a été l’année du gilet fluo et des gants obligatoires, de la chasse aux anciennes durant les horaires ouvrables dans Paris en échange d’une plus grande tolérance dans l’interfile et 2017 malheureusement s’annonce aussi riche en mobilisation car le plaisir de rouler à moto n’est pas compris par tous. Il faut sans cesse lutter pour pouvoir continuer à assouvir notre passion.

En 2016,nous vous avons offert des entrées gratuites au Café Racer Festival,ou au Grand Prix de France Moto, ou des réductions pour la Grande Fête de la moto. Nous vous avons fait vivre de l’intérieur la partie moto du Salon de l’auto, le salon Moto Légende et en 2017 nous développerons encore plus ces partenariats avec ces acteurs du secteur du 2 Roues.

Mais surtout 2016 fut une année de belles rencontres avec des passionnés de motos. Qu’ils soient professionnels, artistes, inventeurs ou entrepreneurs. C’est un plaisir que de vous raconter les histoires de ces hommes et ces femmes qui travaillent dans les différents domaines de la moto. En 2017, nous avons encore de nombreux reportages à vous soumettre avec de belles surprises déjà en préparation.

Cette année, nous avons ajouté un module VENTE pour que vous puissiez exposer votre moto dans ce but. Plus seulement pour la fierté de l’objet, la beauté de la bête. Nous espérons que vous serez encore nombreux à exposer vos motos dans la galerie du Motomaton.

Mais enfin, nous vous souhaitons à tous et à vos proches, une bonne santé, et une conduite en sécurité. Que les gravillons, les flaques d’huiles, les chauffards alcoolos ou inattentifs, les grosses pannes se tiennent éloignés de votre route.

Bonne année

Rencontre avec les créateurs de la Box Motard Society

Nous avons découvert la Box 100% moto en septembre en se disant que c’était une très bonne idée et que l’on en reparlerait à l’approche des fêtes de Noël.

A l’instar des box « beauté » ou même « bière » plus récemment, 3 jeunes Lillois ont décidé de lancer une Box pour les motards, ou plutôt, plusieurs box pour tous les motards. En effet, qu’ils soient plutôt Custom/Chopper, Tout-Terrain/Trail, Routière/Roaster, Ancienne/Néo-rétro ou Sportive, les motards trouveront la box dédiée à leur univers sur le site de Motard Society.

Après un premier contact digital avec les créateurs, rendez-vous fut pris lors de leur passage à Paris à l’occasion du Salon Moto Légende pour en savoir plus sur cette aventure entrepreneuriale. J’ai pu découvrir Hubert, Teddy et Valentin. Ces 3 potes de la trentaine, qui roulent différemment, le premier en HD Sportster 1200, le second en Yamaha MT09 et le dernier en Huqsverna WR avait déjà su se retrouver autour de l’enduro en loisir. Désormais, ils ont su réunir leurs compétences professionnelles complémentaires autour de leur passion commune pour en faire leur gagne pain.

Expliquez-nous la genèse de Motard Society ?

Teddy : On voyait nos copines toutes impatientes et heureuses de recevoir chaque mois leur petit coffret cadeau surprises et nous on avait rien pour nous. On a regardé ce qu’il se faisait. Il y avait plein de styles de coffrets mais rien pour les motards. A partir de là, on a regardé si on pouvait transposer ce modèle pour les motards.

On a commencé à aller voir les fournisseurs avec lesquels on aurait aimé travailler et les retours ont été très positifs. Et tout c’est fait très rapidement parce qu’on a commencé à parler de ça en Avril et on a crée la société en Mai, le site était prêt en Juillet pour des commandes livrables à la sortie de la première box en Septembre.

La box est trimestrielle, c’est pas un peu long ?

Teddy : Nous on s’est dit que si on faisait une fréquence mensuelle, on risquerait de lasser nos clients. Le renouvellement des produits dans la moto, il n’est pas aussi fréquent que dans le textile ou le cosmétique. Ce serait déceptif de recevoir toujours les mêmes box.

On a préféré offrir le côté personnalisé où le motard reçoit un contenu parfaitement adapté à sa façon de vivre sa passion de la moto, de la sportive à l’enduro, qu’il soit homme ou femme. C’est pour ça qu’on a fait plusieurs catégories de box, et qu’on les a aussi adapté aux femmes qui sont de plus en plus nombreuses à faire de la moto.

Hubert : Surtout que, à la différence de nombreuses autres box, nous ce sont des vrais produits, pas des échantillons. Ils ne se vident pas en 1 mois. Ce sont des vrais produits dont les motards ont besoin, dont nous avons besoin nous-même…

Justement, comment vous choisissez le contenu de chaque box ?

Valentin : C’est fait de façon collégiale. On définit ensemble selon nos pratiques de la moto, on vient chacun d’un univers. Ce sont des produits que l’on a essayé, ou en fonction de nos relations avec les fournisseurs.

Teddy : Dans nos box, il y a toujours des gammes qui reviennent. On promet à nos clients qu’ils auront des produits d’entretien pour la bécane et l’équipement, du petit outillage, de la presse spécialisée et un produit spécifique à la catégorie qu’il a choisi. Aujourd’hui, après le succès de la première box, on a des fournisseurs qui viennent nous voir pour placer des produits. A nous d’arbitrer.

Vous voyez comment l’avenir de Motard Society ?

Valentin : On espère améliorer les deals avec nos fournisseurs et qu’ils soient de plus en nombreux. Allez avec eux vers des collaborations, des exclusivités, des tests de nouvelles gammes, pourquoi pas des produits dérivés.

Teddy : Au delà de la box, on veut faire vivre à nos clients des expériences uniques. Dès la box de septembre on a fait gagné un maillot dédicacé du pilote Petar Petrov qui évolue en MX2. Sur les box à venir, selon nos fournisseurs, on voudrait faire vivre un GP ou emmener un de nos client dans les paddock des 24heures du Mans pourquoi pas.

Hubert : On a encore d’autres idées à développer comme un service de « malle » pour le motard qui a besoin de se ré-équiper. On définira avec lui son style et on lui enverra une présélection de produits, qu’il pourra essayer tranquillement chez lui et ne garder que ce qui lui convient.

Alors si l’idée de recevoir des cadeaux autour de votre passion motarde vous enchante, c’est le moment de partager cet article avec votre ami(e) ou votre famille. Avec un peu de chance, un de vos proches cherchant à vous faire plaisir vous abonnera. Et si vous doutez de l’altruisme de vos amis, faîtes-vous plaisir tout seul, ce n’est pas mal, et offrez-vous la box de votre choix. C’est ce que j’ai fait. Non seulement vous vous gâterez mais surtout vous aiderez à ce qu’une belle histoire d’amitié se transforme en grande réussite entrepreneuriale.

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Bivouac, le film… Rencontre avec Pierre Vinour, le Film-maker.

Les films autour de la moto sont rares, surtout en France. On pourra citer le magnifique Mammuth des Grolandais Kervern et Delépine et du côté des documentaires, Les 1000 vaCChes au sujet de la concentration hivernale éponyme, dont on avait déjà parlé sur mon site de voyage. Et justement, l’investigateur de ce projet a présenté il y a quelques semaines un très joli court-métrage, qui prend place au centre de cette concentration emblématique. Un exercice de style mêlant fiction, improvisation et réalité. Pierre Vinour pose donc sa comédienne au coeur de la mêlée de motards. Elle recherche un certain Mathieu qui conduisait une Triumph… Les motards essaient de l’aider et chemin faisant, arrivent à rendre réel un personnage qui n’existe pourtant que dans la tête du réalisateur et de sa comédienne. Bivouac est une poésie motarde, une aventure onirique qui laisse la porte à l’interprétation. Chacun pourra s’y projeter. Le lieu choisi du plateau des Millevaches invite le réel dans le fantastique. Ajoutez à cela un très efficace thème musical et je ne peux que vous invitez à courir les festivals cet été à la recherche d’une projection de Bivouac, ou à vous procurer le DVD.

C’est dans un café parisien, à l’heure de l’apéritif que Pierre Vinour à accepter de répondre à mes questions

C’est quoi la genèse de Bivouac ?

Il y avait la concentration de moto qui est juste au dessus de chez moi à Millevaches, que je connais très bien. J’avais une dizaine d’année quand ça s’est créé. Et j’ai décidé de faire un film 3-4 jours seulement avant l’événement. J’avais produit un documentaire sur la concentration l’année d’avant mais ce n’est pas moi qui l’avait réalisé. Je sais pas faire. J’ai eu l’idée de faire une fiction. L’histoire d’une nana qui cherche un mec dans la concentration où il y a 3000 personnes. J’ai appelé une comédienne Sasha Andrès du groupe de rock Héliogabale. Les copains sont venus m’aider, m’ont passé du matos. On a commencé sur le Bivouac. J’ai dit à Sasha : »tu ne t’occupes pas de nous, tu cherches Mathieu, tu rencontres plein de gens, tu leur demandes où est Mathieu et on verra ce qu’il se passe ».

Et justement, les motards ont réagis comment ? 

J’étais un peu surpris de l’accueil que nous ont réservé les motards. On a eu aucun refus. Les gars oubliaient la caméra, les micros. Il y a une ambiance particulière. Tu es pote avec tout le monde. Tout le monde arrive avec ses histoires, ses rêves, et ses différences. Tu sens bien que tout le monde n’a pas les mêmes idées, n’est pas du même bord politique par exemple et pourtant ça le fait. Il y a une étude à faire sur le comportement de cette microsociété, cette concentration d’individus qui tient la route autour d’un seul point commun, d’une passion, au delà de toute divergence. Qui permet de gommer les défauts, parce que certains en ont quand même. Avec cette expérience, on peut se dire que c’est possible de vivre en société. Ça rassure sur l’humanité.

Bivouac, c’est un peu plus qu’une femme qui recherche un motard ? 

Ce film pour moi c’est l’obsession d’une femme pour quelqu’un qui aurait -peut-être ou pas- existé, qui est parti, qui n’est plus là. Pourquoi, comment ? Peu importe. On est dans la perception complètement basique d’une obsession. Ça confine à ne pas vouloir voir le monde tel qu’il est. « Ca sert à rien de courir après le passé » dit un personnage. C’est quand on n’attend plus rien qu’il se passe quelquechose. Et il faut se confronter à son obsession pour avancer, se libérer et repartir.

Des projets autour de la moto ? 

Bivouac c’est un court-métrage, mais ça devait être un long-métrage. J’avais écrit un long que je n’ai pas réussi à financer et je n’ai pas voulu m’acharner ou le faire sans le budget. Là je suis donc en train de tout réécrire. Ça ne sera pas la suite. On partira de la concentration de moto, qui est un petit peu détournée de son sens et on avancera à moto jusqu’au cercle polaire norvégien. Un thriller roadmovie qui remonte jusqu’en haut de l’Europe.

Ta moto ?

Les motards m’inspirent. Mais je ne suis pas motard. A force de traîner avec les gars j’ai bien envie. Je vise une 125. Il font des beaux trucs maintenant. J’ai craqué sur la Brixton BX… D’ici quelques mois certainement. Moi je kiffe le massif central, c’est ma région, il y a des balades extraordinaires à faire là-bas, à toutes les saisons.

 

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Un grand merci donc à Pierre Vinour pour ce moment de partage. Surtout que son emploi du temps était bien chargé avec la sortie du dernier film produit par sa maison de production Les EnragésSauvages (en VO : Couple in a hole), avec Paul Higgins toujours en salle en France, en Angleterre et en Belgique. L’histoire, déjà récompensée à plusieurs reprises de ce couple anglais mystérieux, qui vient se réfugier dans les Pyrénnées.

Pierre est aussi musicien, dans le groupe Nörd et signe la bande-son de ses films, mais il met aussi en images les musiques des autres. Il vient de terminer le clip des britanniques Tindersticks , Were we once lovers ?

Et on a hâte de voir le roadmovie motard qu’il a en tête.

EyeLights, la révolution de la moto… Rencontre avec Romain, son créateur.

EyeLights est un petit objet qui va bientôt ringardiser notre petite oreillette bluetooth sur les casques. Avec ce système, le téléphone peut rester dans la poche, les informations du GPS sont comme projetées sur la visière, à la manière de l’affichage tête haute des pilotes de chasse. Plus la peine de baisser la tête à la recherche de l’écran du GPS, les informations essentielles comme la vitesse, un signalement de danger, une flèche de direction sont bien placés dans votre champ de vision.

A 130 km/h (mais qui roule à cette vitesse?), le fait de baisser la tête ou de chercher une information nous fait quitter la route du regard pendant plus de 70m, et il peut s’en passer des choses (freinage du véhicule précédent, nid de poule, objets sur la route etc…). Même à 30km/h, vous tournez la tête pour trouver le nom d’une rue, la voiture devant vous pile et vous voilà (enfin surtout moi) avec une fracture du scaphoïde qui vous handicapera longtemps.  C’est donc la sécurité qui est mise en avant avec ce dispositif…

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J’ai rencontré Romain Duflot, ce jeune ingénieur de 25 ans tout juste sorti de l’ICAM Toulouse qui a conçu l’objet, en coup de vent à Paris. Après un essai rapide de son casque équipé, nous avons vite pris rendez-vous pour qu’il m’explique plus en détail ce qui est déjà bien plus qu’un projet.

– Bonjour Romain, vous êtes créateur, concepteur de EyeLights, pouvez-vous nous dire comment vous est venue l’idée ? 
En passant le permis moto, on t’apprend que là où tu regardes, c’est là où tu vas. Et il faut également respecter les vitesses de passage en slalomant entre les plots ! Regarder son compteur n’est alors pas évident, on finit par le faire au son. Je me suis alors posé la question : comment fait-on avec un GPS ? J’ai alors découvert toutes les solutions archaïques fixées sur les guidons. Passionné de voltige, j’étais également sensibilisé  aux systèmes utilisés par les pilotes de chasse; j’ai fait le parallèle en gardant en tête que le motard souhaiterait garder son casque..

– Combien de personnes engagées dans l’aventure EyeLights ?
Actuellement deux associés. Avec Thomas De Saintignon (CTO), nous avons une trentaine de mentors qui accompagnent le projet au sein de l’accélérateur de SIGFOX: le Connected Camp et nous sommes accompagnés par des industriels tels que Intel et Samsung. 
Nous industrialisons actuellement le produit, la phase de concept est terminée. Nous avons re-designé le produit avec les exigences des motards, notamment lors des essais avec Triumph en décembre 2015 et au Mondial du deux roues de Paris en décembre 2015. Je recherche actuellement des fonds auprès d’investisseurs.

– Si tout se passe comme vous l’espérez, quand les motards pourront-ils acheter EyeLights et à quel prix ? 

Dès juin prochain en précommande pour bénéficier de la première série limitée. En novembre-décembre 2016 sur étagère ! Le prix sera aux alentours du GPS moto haut de gamme.

 Pour terminer, votre expérience du monde motard ?

Je n’ai plus de moto actuellement… Mais je suis sur le point de craquer pour la Street Triple Black Phantom.

Portrait Romain EyeLight

 

EyeLights devra se battre avec un concurrent de choix, BMW, qui a déjà présenté un modèle d’affichage tête haute. Mais l’avantage des Français est que ce système sera compatible avec tous les casques. Inutile de changer l’EyeLights en cas de chute ou de changement de look, le module s’adaptera sur le nouveau. Après la moto électrique que nous avons testée, l’avenir est en marche pour les objets connectés. En espérant que toutes ces innovations feront baisser la mortalité routière et que les gouvernements relâcheront la répression routière.

Et vous ? Prêt à vous équiper ??